• Dr BAUJAT : Son Mémoire en défense...

    Le Dr BAUJAT devant la CDDPI - 1. Son mémoire en défense dans le cadre de ma plainte à son encontre devant l’Ordre des Médecins

    Je n’en serais pas où j’en suis si, le 9 mai 2000, le Dr Bertrand BAUJAT, O.R.L. à l’hôpital Foch, avait respecté mon refus, au lieu de me faire endormir à mon corps défendant  et de m'opérer, en l’absence du Dr Darina KRASTINOVA-LOLOV, censée réaliser l'opération elle-même.

    J’ai déposé plainte à son encontre devant le Conseil de l’Ordre des Médecins, pour non-respect du refus du patient et violation de la Charte du patient hospitalisé.

    Le 8 avril 2009, jour de la commission de conciliation, il a produit 3 documents, dont une déclaration rédigée par lui-même, datée du 2 avril 2009. (Voir ci-dessous.)

    Observations sur la déclaration du Dr BAUJAT

    a) Contrairement à ce que déclare le Dr BAUJAT, je n’ai vu ni lui, ni le Dr KRASTINOVA la veille de l’opération, soit le 8 mai 2000 (jour férié). Il n’a donc été répondu à aucune de mes questions. Je n’avais, d’ailleurs, pas revu Mme KRASTINOVA depuis le 18 novembre 1999 (6 mois auparavant), jour où elle m’avait fait signer la fiche de consentement qu’elle a conservée. C’est la raison pour laquelle, dans la salle d’opération, j’ai refusé qu’il se passe quoi que ce soit avant d’avoir parlé au Dr KRASTINOVA. Le Dr BAUJAT s’est présenté à moi dans le bloc opératoire. Je ne l’avais jamais vu auparavant.

    b) Contrairement à ce que déclare le Dr BAUJAT, je n’ai, à aucun moment, accepté que l’on m’endorme. J’ai exprimé, sans aucune ambiguïté, mon refus catégorique d’être endormie. Le Dr BAUJAT, qui commençait visiblement à paniquer, m’a fait endormir contre ma volonté expresse, par surprise, en faisant un signe à l’anesthésiste placé derrière moi et que je ne voyais pas. Il venait de me dire : « Vous ne pouvez pas attendre le Dr KRASTINOVA parce qu’on ne sait pas quand elle arrivera. » et je venais de réitérer mon refus.

    D’une part, on n’endort jamais un patient avant que le chirurgien ne soit sur les lieux – non pas seulement « dans les murs de l’hôpital » mais dans la salle d’opération même. D’autre part, le Dr BAUJAT ne devait, en aucun cas et sous aucun prétexte, passer outre à mon refus.

    Les explications du Dr BAUJAT ne sont vraiment pas convaincantes. Si, comme il le prétend, le Dr KRASTINOVA était « dans les murs de l’hôpital », pourquoi n’avoir pas simplement attendu qu’elle arrive en salle d’opération pour m’endormir au lieu de violer la charte du patient hospitalisé et de commettre une faute contre l’humanisme en ne respectant pas mon refus ?

    Son argument du programme opératoire chargé ne tient pas davantage : la DOO est une opération longue et délicate. Il n’est pas possible à un chirurgien de faire une autre opération dans la même matinée.

    Notons également que le Dr BAUJAT, qui « assiste à ce genre d’intervention pour la 1ère fois de sa vie », sait déjà, pourtant, « préparer » le patient pour cette opération particulière – chose que l’on n’apprend à faire qu’en assistant à cette opération.

    Enfin, le Dr KRASTINOVA, dont « on ne savait pas quand elle arriverait », arrive, comme par miracle, dès qu’il a terminé de m’installer – ni trente secondes plus tôt, ni une minute plus tard :

    « J'ai alors procédé à l'installation de la patiente (shampooing bétadiné, rasage, antisepsie cutanée, champage) et ai ensuite assisté Mme Krastinova sur une intervention de décompression orbitaire. »

    J’ai été opérée plusieurs fois avant de connaître les Drs BAUJAT et KRASTINOVA. Non seulement j’ai toujours parlé au chirurgien avant l’opération ; non seulement c’est toujours lui qui assurait le suivi, personnellement, et signait tous les documents me concernant ; mais, surtout, lui seul prenait les décisions me concernant : il n’est pas né, l'interne qui aurait pu se permettre de m’endormir contre mon gré, avant que je n'aie vu et parlé à mon chirurgien, et sans lui demander son avis de surcroît ! Et les chirurgiens qui m'ont opérée n'étaient pas aussi jaloux de leur autorité et de leur notoriété ou aussi bouffis d’orgueil que l'est Mme KRASTINOVA.

    Les Drs BAUJAT et KRASTINOVA me prennent pour une imbécile, et, pareillement, ils prennent pour des imbéciles tous ceux à qui ils tiennent ce discours !

    c) Contrairement à ce que déclare le Dr BAUJAT, tout acte médical (certificat, ordonnance, compte-rendu opératoire ou d’hospitalisation…) doit être signé par le praticien, non par son aide-opérateur ou son interne (article 76 du Code de déontologie médicale.) Une secrétaire peut bien taper une lettre ; elle ne la signe pas pour autant. Ou bien elle la signe « pour ordre ». A plus forte raison lorsqu’il s’agit d’une chirurgie lourde et délicate. Elle engage personnellement l’opérateur. Le Dr KRASTINOVA a fait signer par le Dr BAUJAT tous les actes me concernant parce qu’il était l’opérateur, non elle. Elle cherchait ainsi à se protéger dans l’éventualité d’un accident per ou postopératoire fatal. Elle voulait bien me fournir comme chair d’exercice pour former le jeune Dr BAUJAT, mais, en même temps, elle ne voulait pas risquer de ternir sa réputation de chirurgien. C’est la seule explication logique au fait qu’elle ait demandé au Dr BAUJAT de signer les actes me concernant. Il n’y avait, en effet, aucune nécessité à cela, même s’il m’avait opérée. Elle pouvait les signer elle-même. Sauf si elle tenait absolument à se démarquer de cette opération on ne peut plus ratée. Le Dr Bernard HAYOT, qui m’avait adressée à elle, et que j’ai revu après l’opération, m’a bien éclairée sur le sujet. Il avait lui-même été formé par le Dr KRASTINOVA.

    d) Après l’opération, je n’ai, à proprement parler, eu affaire qu’au Dr BAUJAT : c’est lui qui est venu me voir le lendemain soir de l’opération ; qui a signé tous les documents me concernant (comptes-rendus opératoires et d’hospitalisation, arrêt de travail, ordonnance pour collyres et Lexomil, fiches internes à l’hôpital) ; qui me promettait le retour de la sensibilité du visage « dans quelques jours » (le lendemain de l’opération), puis « dans quelques semaines » (le 18 mai 2000), puis « dans deux ou trois mois » (8 juin 2000). La sensibilité du visage n’est jamais revenue.

    La question se pose : Que peut bien faire un interne, tout seul, auprès d’un patient qu’il n’aurait pas opéré ? Que peut-il apprendre et que peut-il dire au patient pour le réconforter ? Comment peut-il lui promettre le retour d’une sensibilité dont il ne serait pour rien dans la disparition ? Cela n’a pas de sens. Là encore, force est de conclure que c’est bien le Dr BAUJAT qui m’a opérée.

    Quant au Dr KRASTINOVA, elle a cessé de me traiter en patiente dès le 18 novembre 1999, (soit 6 mois avant mon opération de mai 2000), dès qu’elle m’avait fait signer la fiche de consentement. Cette fiche, il est d’usage de la remettre au patient en lui demandant de la rapporter le jour de l’hospitalisation s’il ne change pas d’avis dans l’intervalle. Mme KRASTINOVA l’a soigneusement – pour utilisation ultérieure, contre moi.

    Elle n’est jamais venue me voir après l’opération, si ce n’est à l’occasion de sa ronde, parce qu’elle venait voir d’autres patients. C’est ainsi qu’elle s’est arrêtée une à deux minutes près de mon lit, le surlendemain de l’opération (j’avais encore un bandeau sur les yeux). Puis, je l’ai aperçue une deuxième fois, le jour où j’ai quitté l’hôpital : ce jour-là, comme elle n’avait pas d’autre patiente dans la chambre, elle ne s’est pas approchée de mon lit. Elle m’a adressé quelques mots, de l’embrasure de la porte. Elle a ensuite refusé de me voir en consultation le jour du retrait des agrafes (18 mai 2000) alors que :

    -         cela faisait partie du protocole opératoire et c’était inscrit sur le compte-rendu d’hospitalisation ;

    -         je pleurais à chaudes larmes, désespérée par l’état de mes yeux et de ma vue à l’issue de l’opération.

    L’infirmière a eu pitié de moi et a elle-même téléphoné à la consultation pour demander que le Dr KRASTINOVA me reçoive. Celle-ci a envoyé le Dr BAUJAT (encore lui !), non pas pour me conduire à la consultation ou me rassurer sur mon état, mais pour établir une nouvelle ordonnance parce que j’avais oublié celle pour le retrait des agrafes. C’est à cette occasion qu’il a tenu ces propos que je n’oublierai jamais :

    « Il n’est pas utile que vous voyiez le Dr KRASTINOVA avant deux ou trois mois – voire, plus. Oui, voire plus. »

    L’infirmière a réussi à obtenir qu’il me fixe un rendez-vous de consultation à l’expiration de l’arrêt de travail de trois semaines, d’où le rendez-vous du 8 juin 2000, qui a d’ailleurs nécessité le remplacement d’un 1er arrêt de travail (qui s’arrêtait le 4 juin) par un autre allant jusqu’au 8 juin. Sans elle, même cela m’aurait été refusé.

    e) Contrairement à ce que déclare le Dr BAUJAT, loin d’être « parfaitement simples », les suites opératoires furent catastrophiques : diplopie gravissime dans tout le champ visuel, qui m’empêchait même de marcher seule dans la rue ; puissant torticolis oculaire et perte de la vision binoculaire, induits par la diplopie ; baisse d’acuité visuelle constante depuis l’opération ; perte de la vision nocturne ; altération du champ visuel

    Aux atteintes visuelles et oculomotrices, il faut ajouter :

    Ø  l’aggravation de la malocclusion palpébrale du fait du raccourcissement des fentes palpébrales : mes paupières ne restent plus fermées du tout !

    Ø  la perte de la sensibilité du visage (nez, joues, lèvre supérieure et arcade dentaire) par lésion du nerf sous-orbitaire et incidence sur l’élocution ;

    Ø  la nécrose de la dent n° 13.

    Ø  une multiplication de plis et rides sous et aux coins des yeux en raison du relâchement de la peau induit par le raccourcissement des fentes palpébrales.

    Ø  eczémas, dermographisme et autres dermatoses réactionnelles ;

    Ø  angoisse, dépression, troubles de la mémoire, etc.

    Au total, cette opération aura nécessité plusieurs années de congé de longue maladie. Elle a fait de moi une handicapée COTOREP officielle, vivant dans la douleur quotidienne et nécessitant aménagements de poste et allègements d’horaires – qui deviennent insuffisants à mesure que mon état s’aggrave. Bientôt, je ne pourrai plus exercer mon métier du tout.

    N’étant pas à une faute de goût près, les chirurgiens KRASTINOVA-LOLOV et BAUJAT ont l’indécence de parler de « suites opératoires parfaitement simples » alors qu’ils ont brisé ma vie, créé des lésions irréversibles, mis fin à tous mes projets. Ni eux, ni le Dr TAZARTES n’ont jamais exprimé le moindre regret par rapport à ce qui m’est arrivé par leur faute !

    Le protocole opératoire de la décompression orbitaire tel que le décrivent les Drs BAUJAT et KRASTINOVA-LOLOV dans leurs articles, prévoit la prise en charge médicale et chirurgicale des atteintes visuelles et oculomotrices postopératoires. Le Dr KRASTINOVA-LOLOV a commencé par refuser de prolonger l’arrêt de travail au-delà de 3 semaines, alors que la diplopie, phénoménale, me rendait incapable même de marcher seule dans la rue. Ensuite, elle m’a refusé tout soin après m’avoir attirée à l’hôpital où j’ai été saccagée. Faute de soins postopératoires, la diplopie a déformé mes vertèbres cervicales et a commencé à déformer les vertèbres dorsolombaires sous l’effet du puissant torticolis compensateur qu’elle induit. Ma vue n’a cessé de baisser : on ne sait pas ce qu’elle sera dans deux ans. Ce n’est pas moi qui le dis, mais le Dr Laurent LALOUM, ophtalmologiste et strabologue réputé.

    f) Contrairement à ce que déclare le Dr BAUJAT, la « fonction d’interne » n’a jamais été d’ « assumer les suites opératoires de la patiente » aux lieu et place de l’opérateur. C’est l’opérateur lui-même qui suit ses patients, en présence ou non de stagiaires ou d’internes. (On trouve la même formulation dans le « certificat » du Dr KRASTINOVA.) En outre, il n’a assumé aucune suite opératoire dans mon cas. En effet, je n’appelle pas « assumer les suites opératoires » que de signer un arrêt de travail de 3 semaines et une ordonnance pour un anxiolytique.

    g) Contrairement aux Drs BAUJAT et KRASTINOVA, qui modifient leurs déclarations au gré des circonstances, je dis la même chose depuis le début (cela fait 9 ans maintenant). Le jour de la 2ème expertise, le Dr BAUJAT avait commencé par prétendre ne pas du tout être concerné par la décompression orbitaire : « Je ne sais pas ce que je fais ici. Je suis O.R.L. » Il n’a convenu de son implication dans cette chirurgie que lorsque je lui ai parlé des articles qu’il a cosignés.

    h) Comment le Dr BAUJAT prétend-il pouvoir « clore définitivement le dossier » en produisant une lettre de Mme KRASTINOVA-LOLOV déclarant qu’elle m’a opérée elle-même ?

    En outre, aucune déclaration ne pourra jamais l’exonérer du fait de n’avoir pas respecté mon refus, de m’avoir fait endormir et de m’avoir opérée à mon corps défendant.

    i) Enfin, j’ai été opérée le 9 mai 2000, c’est à dire le lendemain du 8 mai, jour férié. Les mensonges, grossiers, du Dr BAUJAT sur la longue entrevue avec Mme KRASTINOVA-LOLOV et lui-même, la veille de l'intervention, et le fait qu’il aurait été répondu à toutes mes questions, ce soir-là, sont aussi lamentables que le reste de sa production.

    Pour des raisons qui me paraissent évidentes, malgré le grand malheur dans lequel je suis tombée par sa faute, je suis sincèrement contente de n’être pas le Dr BAUJAT. J’aurais eu beaucoup de mal à me supporter.

    Azureine, victime de fautes médicales et d’expertises judiciaires bidon

     

    Déclaration du Dr Bertrand BAUJAT, datée du 2 avril 2009 

     « Suresnes, le 2 Avril 2009

    Monsieur et cher confrère,

    J'ai bien reçu votre convocation à une procédure de conciliation et je vous prie d'excuser ma réponse tardive, justifiée par un emploi du temps surchargé.

    Lorsque Madame Bucher a été opérée à l'hôpital Foch, le 9 Mai 2000, j'occupais la fonction d'interne de Mme Krastinova depuis 8 jours. La veille de l'intervention, nous avons vu longuement Mme Bucher avec Mme Krastinova qui a répondu à toutes ses questions. Mme Bucher avait semble-t-il été vue plusieurs fois en consultation par Mme Krastinova avant d'être hospitalisée.

    Arrivée au bloc opératoire, Mme Bucher a demandé à revoir Mme Krastinova, qui était dans les murs de l'hôpital, mais pas encore en salle d'opération. Je lui ai gentiment expliqué que le programme opératoire était chargé et elle a accepté sans aucune contrainte d'être endormie par nos anesthésistes, qui n'ont pas l'habitude d'endormir les patients contre leur gré, ni d'obéir à de prétendues injonctions d'un interne en poste depuis 8 jours...

    J'ai alors procédé à l'installation de la patiente (shampooing bétadiné, rasage, antisepsie cutanée, champage) et ai ensuite assisté Mme Krastinova sur une intervention de décompression orbitaire. J'assistais à une telle intervention pour la première fois de ma vie et je dois signaler qu'elle s'est déroulée sans problème particulier. J'ai ensuite, comme ma fonction d'interne le prévoyait assumé les suites opératoires de la patiente, Mme Krastinova était à l'époque temps partiel dans le service, et je me suis occupé de Mme Bucher avec toute ma conscience professionnelle. J'ai validé de ma signature le compte-rendu opératoire, afin d'éliminer d'éventuelles fautes de frappes, ce qui était dans les habitudes du service. Les suites opératoires ont été parfaitement simples.

    J'ai plus tard appris que Mme Bucher portait plainte contre les Drs Krastinova et Tazartès. Comme sa première plainte a été déboutée par l'expert, elle a porté plainte à nouveau en imaginant que c'est moi qui l'avait opérée. Ces allégations sont totalement fantaisistes. Elle a été déboutée par le second expert et se tourne donc vers les instances ordinales. Afin de clore définitivement ce dossier, je fournirai le 8 Avril une lettre de Mme Krastinova certifiant qu'elle a personnellement opéré Mme Bucher et une lettre du Pr Chabolle, chef du service d'ORL et de chirurgie cervicofaciale de l’hôpital Foch, confirmant cette déclaration.

    Je vous remercie de votre aide pour apporter la vérité sur cette affaire. Je vous prie de croire, monsieur et cher confrère, en l'assurance de mes sentiments les plus cordiaux.

    Bertrand Baujat »

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