• Expertise médicale judiciaire - Mission droit commun 2006

    Expertise médicale judiciaire - MISSION DROIT COMMUN 2006

    Je reproduis ci-dessous le texte intitulé « Mission droit commun 2006 » concernant la préparation et le déroulement d’une expertise médicale judiciaire.

    Il s’agit de toute évidence d’expertises médicales judiciaires se déroulant dans le cadre d’accidents de la circulation ou d’accidents du travail, c’est à dire ne mettant pas en cause des professionnels de santé.

    Pour la victime, cela ne devrait, évidemment et en bonne justice, rien changer à l’expertise, à la reconnaissance et à l’indemnisation de ses préjudices. Mais, en fait, nous sommes loin du compte. Lorsque l’Expert judiciaire a affaire à des confrères, il cesse d’être objectif ou scientifique. Le but unique de sa mission d'expertise est alors de nier toute faute reprochée aux chirurgiens, même les plus criantes. C’est l’expérience que j’en ai, à travers deux expertises médicales judiciaires totalement bidon, dirigées respectivement par les Prs Laurent LAROCHE (2002/2003, CHNO des XV-XX, Paris) et Gilles CHAINE (2007/2008, hôpital Avicenne, Bobigny). A ne pas mettre pour le moment – pour ne pas faire désactiver Rouge-orange. A garder… pour utilisation ultérieure.

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    A. Préparation de l'expertise et examen

    Point 1 - Contact avec la victime

    Dans le respect des textes en vigueur, dans un délai minimum de 15 jours, informer par courrier M. (Mme) X, victime d'un accident le... de la date de l'examen médical auquel il (elle) devra se présenter.

    Point 2 - Dossier médical

    Se faire communiquer par la victime ou son représentant légal tous documents médicaux relatifs à l'accident, en particulier le certificat médical initial, le(s) compte(s) rendu(s) d'hospitalisation, le dossier d'imagerie,...

    Point 3 - Situation personnelle et professionnelle

    Prendre connaissance de l'identité de la victime ; fournir le maximum de renseignements sur son mode de vie, ses conditions d'activités professionnelles, son statut exact ; préciser, s'il s'agit d'un enfant, d'un étudiant ou d'un élève en formation professionnelle, son niveau scolaire, la nature de ses diplômes ou de sa formation ; s'il s'agit d'un demandeur d'emploi, préciser son statut et/ou sa formation.

    Point 4 - Rappel des faits

    A partir des déclarations de la victime (ou de son entourage si nécessaire) et des documents médicaux fournis :

    4.1. Relater les circonstances de l'accident.

    4.2 Décrire en détail les lésions initiales, les suites immédiates et leur évolution.

    4.3. Décrire, en cas de difficultés particulières éprouvées par la victime, les conditions de reprise de l'autonomie et, lorsqu'elle a eu recours à une aide temporaire (humaine ou matérielle), en préciser la nature et la durée.

    Point 5 - Soins avant consolidation

    Décrire tous les soins médicaux et paramédicaux mis en œuvre jusqu'à la consolidation, en précisant leur imputabilité, leur nature, leur durée et en indiquant les dates exactes d'hospitalisation avec, pour chaque période, la nature et le nom de l'établissement, le ou les services concernés.

    Point 6 - Lésions initiales et évolution

    Dans le chapitre des commentaires et/ou celui des documents présentés, retranscrire dans son intégralité le certificat médical initial, en préciser la date et l'origine et reproduire totalement ou partiellement les différents documents médicaux permettant de connaître les lésions initiales et les principales étapes de leur évolution.

    Point 7 - Examens complémentaires

    Prendre connaissance des examens complémentaires produits et les interpréter.

    Point 8 - Doléances

    Recueillir et retranscrire dans leur entier les doléances exprimées par la victime (ou par son entourage si nécessaire) en lui (leur) faisant préciser notamment les conditions, date d'apparition et importance des douleurs et de la gêne fonctionnelle, ainsi que leurs conséquences sur la vie quotidienne.

    Point 9 - Antécédents et état antérieur

    Dans le respect du code de déontologie médicale, interroger la victime sur ses antécédents médicaux, ne les rapporter et ne les discuter que s'ils constituent un état antérieur susceptible d'avoir une incidence sur les lésions, leur évolution et les séquelles présentées.

    Point 10 - Examen clinique

    Procéder à un examen clinique détaillé en fonction des lésions initiales et des doléances exprimées par la victime. Retranscrire ces constatations dans le rapport.

    B. Analyse et évaluation

    Point 11 - Discussion

    11.1   Analyser dans une discussion précise et synthétique l’imputabilité à l'accident des lésions initiales, de leur évolution et des séquelles en prenant en compte, notamment, les doléances de la victime et les données de l'examen clinique ; se prononcer sur le caractère direct et certain de cette imputabilité et indiquer l'incidence éventuelle d'un état antérieur.

    11.2  Répondre ensuite aux points suivants.

    Point 12 - Les gênes temporaires constitutives d'un « déficit fonctionnel temporaire »

    Que la victime exerce ou non une activité professionnelle :

    Prendre en considération toutes les gênes temporaires subies par la victime dans la réalisation de ses activités habituelles à la suite de l'accident ; en préciser la nature et la durée (notamment hospitalisation, astreinte aux soins, difficultés dans la réalisation des tâches ménagères).

    En discuter l'imputabilité à l'accident en fonction des lésions et de leur évolution et en préciser le caractère direct et certain.

    Point 13 - Arrêt temporaire des activités professionnelles

    En cas d'arrêt temporaire des activités professionnelles, en préciser la durée et les conditions de reprise. En discuter l'imputabilité à l'accident en fonction des lésions et de leur évolution rapportées à l'activité exercée.

    Point 14 - Consolidation

    Fixer la date de consolidation, qui se définit comme « le moment où les lésions se sont fixées et ont pris un caractère permanent tel qu'un traitement n'est plus nécessaire si ce n'est pour éviter une aggravation, et qu'il devient possible d'apprécier l'existence éventuelle d'une Atteinte permanente à l'Intégrité Physique et Psychique ».

    Point 15 - AIPP (Atteinte permanente à l'Intégrité Physique et Psychique)

    Décrire les séquelles imputables, fixer par référence à la dernière édition du « Barème indicatif d'évaluation des taux d'incapacité en droit commun » publié par le Concours Médical, le taux éventuel résultant d'une ou plusieurs Atteinte(s) permanente(s) à l'Intégrité Physique et Psychique (AIPP) persistant au moment de la consolidation, constitutif d'un déficit fonctionnel permanent (DFP).

    L'AIPP se définit comme « la réduction définitive du potentiel physique, psychosensoriel ou intellectuel résultant d'une atteinte à l'intégrité anatomo-physiologique :

    -        médicalement constatable donc appréciable par un examen clinique approprié, complété par l'étude des examens complémentaires produits ;

    -        à laquelle s'ajoutent les phénomènes douloureux et les répercussions psychologiques normalement liés à l'atteinte séquellaire décrite ainsi que les conséquences habituellement et objectivement liées à cette atteinte dans la vie de tous les jours. »

    Point 16 - Souffrances endurées

    Décrire les souffrances physiques, psychiques ou morales liées à l'accident s'étendant de la date de celui-ci à la date de consolidation.

    Elles sont représentées par « la douleur physique consécutive à la gravité des blessures, à leur évolution, à la nature, la durée et le nombre d'hospitalisations, à l'intensité et au caractère astreignant des soins auxquels s'ajoutent les souffrances psychiques et morales représentées par les troubles et phénomènes émotionnels découlant de la situation engendrée par l'accident et que le médecin sait être habituellement liées à la nature des lésions et à leur évolution » Elles s'évaluent selon l'échelle habituelle de 7 degrés.

    Point 17 - Dommage esthétique

    Donner un avis sur l'existence, la nature et l'importance du dommage esthétique imputable à l'accident. L'évaluer selon l'échelle habituelle de 7 degrés, indépendamment de l'éventuelle atteinte physiologique déjà prise en compte au titre de l'Atteinte permanente à l'Intégrité Physique et Psychique.

    Point 18 - Répercussions des séquelles

           Activités professionnelles :

    Lorsque la victime fait état d'une répercussion dans l'exercice de ses activités professionnelles ou d'une modification de la formation prévue ou de son abandon (s'il s'agit d'un écolier, d'un étudiant ou d'un élève en cours de formation professionnelle), émettre un avis motivé en discutant son imputabilité à l'accident, aux lésions et aux séquelles retenues. Se prononcer sur son caractère direct et certain et son aspect définitif.

           Activités d'agrément :

    Lorsque la victime fait état d'une répercussion dans l'exercice de ses activités spécifiques sportives ou de loisirs effectivement pratiquées antérieurement à l'accident, émettre un avis motivé en discutant son imputabilité à l'accident, aux lésions et aux séquelles retenues. Se prononcer sur son caractère direct et certain et son aspect définitif.

           Vie sexuelle :

    Lorsque la victime fait état d'une répercussion dans sa vie sexuelle, émettre un avis motivé en discutant son imputabilité à l'accident, aux lésions et aux séquelles retenues. Se prononcer sur son caractère direct et certain et son aspect définitif.

    Point 19 - Soins médicaux après consolidation / frais futurs

    Se prononcer sur la nécessité de soins médicaux, paramédicaux, d'appareillage ou de prothèse, nécessaires après consolidation pour éviter une aggravation de l'état séquellaire ; justifier l'imputabilité des soins à l'accident en cause en précisant s'il s'agit de frais occasionnels c'est-à-dire limités dans le temps ou de frais viagers, c'est-à-dire engagés la vie durant.

    Point 20 - Conclusions

    Conclure en rappelant la date de l'accident, la date et le lieu de l'examen, la date de consolidation et l'évaluation médico-légale retenue pour les points 12 à 19.

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    Azureine, victime de fautes médicales et d’expertises judicaires bidon

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  • Commentaires

    1
    MCV
    Dimanche 20 Juin 2010 à 13:18
    Bonjour,
    La mission d'expertise que vous reproduisez n'est pas une mission d'expertise judiciaire, mais la mission AREDOC, version 2006, par laquelle les compagnies d'assurance missionnent leurs médecins conseils.
    Une mission d'expertise judiciaire n'est jamais figée, puisque rédigée par le magistrat selon le chaque cas, à la demande d'une ou des parties, et si possible en conformité avec la nomenclature Dintilhac pour les postes de préjudice.
    A la lecture de votre introduction, il semble que vous ayez subi des expertises judiciaires en responsabilité médicale, sans être assistée d'un médecin-conseil de victimes, indépendant, afin de faire respecter le principe fondamental du contradictoire des débats.
    Cordialement.
    MCV 
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